L’homme et le Papillon

Un jour, lors d’une promenade en forêt, un homme découvrit sur une branche un cocon qui bougeait. En observant une petite ouverture dans ce dernier, il s’assit et observa la scène.

Un jeune papillon commençait à se battre longuement pour crever son abri et forcer le petit trou à s’agrandir. Au bout d’un certain temps, l’homme, voyant que le papillon ne bougeait plus, pensa qu’il avait renoncé, épuisé, restant prisonnier de sa chrysalide. Ce papillon naissant était allé aussi loin qu’il avait pu, mais maintenant il ne bougeait plus.

L’homme prit alors le petit couteau qu’il avait dans sa poche et se mis à découper délicatement le cocon pour aider le papillon à sortir. Enfin libre, ce dernier en émergea facilement mais laissa apparaitre un corps chétif et des ailes toutes froissées et atrophiées.

Heureux d’avoir accompli un acte de bienveillance, l’homme se dit  » Ce n’est pas grave, il va se développer  » et continua à regarder longuement le papillon en attendant qu’il déploie ses ailes pour le voir voler.

Mais cela n’arriva jamais.

Le papillon passa le reste de sa vie à ramper avec son petit corps, incapable d’utiliser ses ailes rabougries. Ce que l’homme n’avait pas compris dans son élan de bonté, c’est que le cocon trop étroit est une ruse de la Nature pour forcer le papillon à le percer et à entraîner ses ailes… A cette condition seulement, il peut voler.

 

Les enfants ont leur propre chrysalide. Ils luttent, se fatiguent, font des pauses, recommencent et à leur rythme, grandissent, se renforcent et s’arment pour l’avenir. Le rôle des parents est de protéger son enfant des dangers, le mettre en garde, le conseiller, le guider. Pas de l’aider à s’extraire plus vite de son cocon.

Laissez les grandir à leur rythme.

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