Les intelligences multiples: Kezako?

Vous avez sûrement remarqué que nous avons tous des compétences différentes: certains sont habiles de leurs mains et créatifs, d’autres sont doués pour les maths et n’ont pas besoin de calculatrice pendant les soldes, d’autres encore manient les mots avec aisance ou maitrisent plusieurs langues quand certains sont ultra sportifs et accumulent les trophées dans de nombreuses disciplines. Normal me direz vous, il y a les manuels, les intellos, les matheux et ceux qui ont un patrimoine génétique physiologique outrageusement avantageux.

Et donc pour les enfants: les matheux deviendront ingénieurs, les rats de bibliothèque iront en fac de langue ou n’importe quelle filière littéraire, les manuels partiront dans l’enseignement technologique et les sportifs, ben… les plus résistants feront du sport à haut niveaux et les autres viseront une carrière comme prof de sport ou kiné…. Du coup, c’est comme une fatalité. Du moins, c’est ce que l’on a tendance à nous enseigner tout au long de notre enfance, conditionnant ainsi l’adulte en devenir. Croyances! (tient encore elles…)

 

Le mythe de l’enfant précoce:

Et au milieu de tous ces clivages, il y a les singes savants. Vous savez ceux que l’on ne doit pas nommer « surdoués ». Aïe, je l’ai dit! Préférez tout de même Zèbre, EIP, APIE, Enfant Précoce, c’est politiquement plus correct (mais je reviendrai dessus lors d’un prochain article). Bref, ceux que tout le monde attend au tournant tellement l’image que l’on possède d’eux est erronée. Ceux qui d’après les légendes, sont bons partout. Bon ok, sauf peut-être en sport, faut pas pousser. Puis ce sont les tests de QI (les WPPSI, WISC, WAIS, WISC-V, WAIS,IV…) qui le disent. Oui 2 à 3% des enfants ont des QI (Quotient Intellectuel) supérieur à 130. Alors forcément ils doivent cartonner partout!

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Sauf que… Loin d’être des 1er de classe parfaits, ce sont des enfants avant tout munis, comme nous tous, d’intelligences multiples. Et comme les autres, ils seront très bons dans certains domaines et moyens, voir médiocres (si si!) dans d’autres. Et là, le mythe tombe…

Le petit Zèbre est donc un enfant comme les autres?  Eh bien oui, à quelques petites nuances près. Si ses connexions neuronales et ses capacités cognitives sont plus efficientes que celles des enfants « normaux », il n’est pas pas doué partout.  En fait, tout comme nous, il va s’appuyer sur les intelligences principales avec lesquelles il apprend le mieux. Ainsi, lui aussi pourra être une tête en maths, en français, être bon en sport mais avoir des aptitudes graphiques déplorables. Ou encore, exceller dans la lecture et le maniement des mots, réaliser des dessins ou sculptures merveilleuses mais avoir un rapport aux nombres compliqué.

 

Et tous les enfants sont intelligents!

Votre enfant n’est pas un zèbre et alors? Ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas intelligent. Les autres se moquent de lui à l’école et lui disent des mots doux comme « bouh, t’es trop bête! », parce qu’il n’a pas réussi à retenir sa poésie?

Ne doutez jamais des capacités de votre enfant car il est intelligent, soyez en assuré!  Il a juste des talents différents de certains des enfants de sa classe. Eux, vous, moi, possédons tous, à QI différents, les mêmes intelligences multiples et usons de stratégies personnelles pour apprendre et nous construire. Alors quelles sont-elles ces fameuses intelligences?

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Le concept des Intelligences Multiples d’Howard Gardner:

Pour que vous compreniez plus facilement cette notion, prenez le temps de visionner cette courte vidéo très synthétique et explicite:

La notion d’ «Intelligences multiples» a été proposée par un professeur de l’Université de Harvard, Howard Gardner,en 1983 dans son livre Frames of Minds : the Theory of Multiple Intelligence

Et pour les plus spécifiques, je partage avec vous l’excellent article du site Mieux-apprendre:

C’est la capacité à être sensible aux structures linguistiques sous toutes ses formes. Elle est particulièrement développée chez les écrivains, les poètes, les orateurs, les hommes politiques, les publicitaires, les journalistes, etc…
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime lire, qui parle facilement, aime raconter des histoires et aime en entendre, qui aime les jeux avec des mots (mots croisés, Scrabble, etc.), les jeux de mots, les calembours.
La plupart des systèmes d’enseignements reconnaissent cette intelligence. Si elle n’est pas suffisamment développée , on est facilement en échec scolaire.
Des manques dans cette capacité à mettre en mots sa pensée peut également créer le sentiment d’être incompris (en particulier face à ceux qui maîtrisent mieux cette intelligence) et engendrer des réactions de violence.

C’est la capacité à créer des images mentales, et à percevoir le monde visible avec précision dans ses trois dimensions.
Elle est particulièrement développée chez les architectes, les paysagistes, les peintres, les sculpteurs, les naturalistes, ceux qui tentent d’expliquer l’univers, les stratèges de champ de bataille, les metteurs en scène, etc…
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez celui qui a un bon sens de l’orientation ; chez ceux qui créent facilement des images mentales ; ceux qui aiment l’art sous toutes ses formes ; ceux qui lisent facilement les cartes, les diagrammes, les graphiques ; ceux qui aiment les puzzles, ceux qui aiment arranger l’espace ; ceux qui se souviennent avec des images ; ceux qui ont un bon sens des couleurs ; ceux qui ont besoin d’un dessin pour comprendre ; etc.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on peut avoir des difficultés dans les processus de mémorisation et de résolution de problèmes. Car les images produites dans le cerveau aident à la pensée et à la réflexion. Pour beaucoup de scientifiques célèbres, leurs découvertes les plus fondamentales sont venues de modèles spatiaux et non de raisonnements mathématiques.

C’est la capacité à être sensible aux structures rythmiques et musicales.
Elle est bien entendu particulièrement développée chez les musiciens (compositeurs, exécutants, chefs d’orchestre), et chez tous les  » techniciens du son  » (ingénieur du son, fabricant d’instruments de musique, accordeurs). Elle se trouve aussi chez les poètes, et dans les cultures à forte tradition orale.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui fredonne souvent, bat du pied, chante, se met à danser sur le moindre rythme ; chez ceux qui sont sensibles au pouvoir émotionnel de la musique, au son des voix et à leur rythme ; et ceux qui saisissent facilement les accents d’une langue étrangère.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on perd une partie des richesses transmises par les sons, à travers les sons organisés comme dans la musique ou dans les infinies variations du langage.

C’est la capacité à raisonner, à calculer, à tenir un raisonnement logique, à ordonner le monde, à compter. C’est l’intelligence qui a été décrite avec beaucoup de soin et de détails par Piaget en tant que  » l’intelligence « .
Elle est particulièrement développée chez les mathématiciens et les scientifiques, les ingénieurs, les enquêteurs, les juristes, etc …
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime résoudre des problèmes ; chez ceux qui veulent des raisons à tout, veulent des relations de cause à effet ; ceux qui aiment les structures logiques, et aiment expérimenter d’une manière logique ; chez ceux qui préfèrent la prise de notes linéaire ; etc.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on a du mal à organiser des tâches complexes, à donner un ordre de priorité à une succession d’actes ; à comprendre le sens d’une démarche scientifique, à comprendre la signification d’un phénomène ; à démonter un appareil ou un processus pour en comprendre les parties ; à utiliser le raisonnement déductif ; à se servir d’appareils fonctionnant avec une grande logique (comme un ordinateur).

C’est la capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, d’être habile avec les objets.
Elle est particulièrement développée chez les danseurs, les acteurs, les athlètes, les mimes, les chirurgiens, les artisans, les mécaniciens.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui contrôle bien les mouvements de son corps ; chez ceux qui aiment toucher, sont habiles en travaux manuels ; ceux qui aiment faire du sport, aiment jouer la comédie ; chez ceux qui apprennent mieux en bougeant, qui aiment faire des expériences ; l’enseignant la reconnaîtra dans l’élève qui se trémousse s’il n’y a pas suffisamment d’occasions de bouger, chez celui qui se lève en classe pour tailler un crayon ou mettre un papier à la poubelle.
Si elle n’est pas suffisamment développée, l’enfant comme l’adulte risquent de ressentir leur corps comme une gêne dans de nombreuses circonstances de la vie courante.

C’est la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même.
Elle est particulièrement développée chez les écrivains, les  » sages « , les philosophes, les mystiques.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui a une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses, de ses valeurs et de ses capacités ; chez ceux qui apprécient la solitude ; qui savent se motiver personnellement ; qui aiment lire, qui écrivent un journal intime ; qui ont une forte vie intérieure.
Si elle n’est pas suffisamment développée, on a du mal à tirer partie des expériences, à réfléchir sur ce qui a bien marché et comment améliorer ce qui a moins bien marché ; à prendre le contrôle de sa vie, de son apprentissage, à se donner des buts ; on est plus sensible à l’opinion de groupes ; on cherche (et on trouve) un responsable extérieur à ses échecs.

C’est la capacité à entrer en relation avec les autres.
Elle est particulièrement développée chez les politiciens, les enseignants et les formateurs, les consultants et les conseillers, les vendeurs, les personnes chargées des relations publiques.
On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui entre bien et facilement en relation, se mélange et s’acclimate facilement ; chez ceux qui aiment être avec d’autres et ont beaucoup d’amis, ceux qui aiment bien les activités de groupe ; chez ceux qui communiquent bien (et parfois manipulent), chez ceux qui aiment résoudre les conflits, jouer au médiateur.
Si elle n’est pas suffisamment développée, il y a risque d’enfermement de la personnalité ; on se coupe du plaisir d’être avec d’autres, de travailler ensemble ; on perd des richesses issues du travail en coopération. On risque de devenir aigri, misanthrope, critique de l’humanité dans son ensemble.

Elle a été rajoutée aux sept précédentes par Howard Gardner en 1996.
C’est la capacité à reconnaître et à classer, à identifier des formes et des structures dans la nature, sous ses formes minérale, végétale ou animale.
Elle est particulièrement développée chez le naturaliste, qui sait reconnaître et classifier les plantes et les animaux ; chez tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement de la nature, du biologiste au psychologue, du sociologue à l’astronome.
On la reconnaît chez ceux qui savent organiser des données, sélectionner, regrouper, faire des listes ; chez ceux qui sont fascinés par les animaux et leurs comportements, qui sont sensibles à leur environnement naturel et aux plantes ; chez ceux qui cherchent à comprendre la nature et à en tirer parti (de l’élevage à la biologie) ; chez ceux qui se passionnent pour le fonctionnement du corps humain, qui ont une bonne conscience des facteurs sociaux, psychologiques et humains.

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Comment aider vos enfants à les utiliser?

Avant toute chose, il est utile de déterminer, en observant finement, quelles sont ses « intelligences dominantes », celles avec lesquelles il a l’habitude d’apprendre.  Et ne courez pas chez le psy pour le savoir! Remarquez les domaines vers lesquels il est naturellement plus attiré. Prenez juste le temps d’écouter votre enfant et diversifiez les sources d’intérêts: faites lui écouter de la musique, amenez le voir des expos, faites des jeux mathématiques ou verbaux à la maison, partez en foret explorer…. Et avec ce que vous savez des 8 profils cités plus haut, vous n’aurez aucun mal à mettre en lumière son bouquet d’intelligence.

Grâce à cela votre enfant va aussi pouvoir comprendre son mode de fonctionnement et entrevoir les différentes stratégies qu’il devra mettre en place pour être plus efficient lors de ses apprentissages.

Howard gardner disait: « Je ne pense pas que regarder les intelligences comme une palette variée les fige. Je crois que toute intelligence peut être développée, si on y travaille. A l’inverse, si on arrête de regarder par exemple les chiffres, on n’a aucune chance de devenir meilleur dans ce domaine là ! La différence, c’est que dans certains domaines, un tout petit effort vous emmènera assez loin, tandis que dans d’autres domaines, il vous faut travailler très dur pour un tout petit progrès. »

En résumé, votre enfant n’est pas dans une boite hermétique préformatée . Alors si votre fille n’est pas Picasso et que plus tard elle veut devenir styliste, que votre fils rêve de devenir le prochain Thomas Pesquet mais que ses notes en physique le poussent plus vers une filière littéraire, ne leur dites pas que ce ne sont que des rêves inaccessibles. Ils peuvent apprendre à apprendre et développer leurs différents potentiels.

Tout est possible!

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